Le retour du vinyle, comme un air de nostalgie

Vous avez sûrement ce pote autour de vous qui vous a dit : « C’est pas trop stylé d’avoir des vinyles ? » Et effectivement, aujourd’hui, ça l’est. Ou plutôt, c’est de nouveau stylé. Longtemps oubliés et désuets, les vinyles ont plus que jamais la côte. Moi la première, j’ai acheté une platine il y a quelques mois. Sauf qu’en 2021, ces appareils sont bien plus petits, plus ergonomiques et modernes. Et surtout, ils ont quasiment tous la possibilité de se connecter en Bluetooth. En plus de lire des vinyles, on peut désormais s’en servir comme enceinte. Quelle époque formidable.

Alors, pourquoi ce regain d’intérêt pour quelque chose qui semblait ne plus en avoir?  Dans son rapport publié en 2017, le syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) affirme que les ventes de vinyles ont triplé entre 2012 et 2017. « Aujourd’hui, ils représentent parfois près de 20 % du chiffre d’affaires des maisons de disques et en moyenne autour de 80 % du chiffre d’affaires des disquaires indépendants », estime David Godevais, responsable du Disquaire Day, un événement qui remet chaque année (au mois d’avril) cette profession à l’honneur.

Petit historique

L’explosion du rock dans les années 50 amène celle du disque microsillon, aussi appelé « vinyle ». A l’époque, deux formats sont disponibles : le 45 tours (extended play), soit la durée d’un single, ou le 33 tours, soit la durée d’un album entier (long play). Les larges pochettes amènent les artistes à développer leur créativité. Tout une culture ‘ »jeune » se développe. On se les passe, on se les prête, on les écoute dans sa chambre ou dans le salon. C’est clairement l’âge d’or du vinyle, dès sa création.

En 1982, le CD – disque compacte – débarque. Plus petit et plus facilement transportable, il cartonne. Contrairement au vinyle, il peut s’écouter en voiture. Quinze ans plus tard, en 1997, l’invention du MP3 provoque une nouvelle révolution : la musique n’a plus besoin de support pour être écoutée et diffusée.

Dans les années 2000, l’avènement d’internet entraîne une véritable révolution dans le monde de la musique. Les sites de partage se multiplient sur Internet, suivis par les plateformes de streaming, qui proposent à bas prix (et parfois même gratuitement) un accès illimité aux sons du monde entier. Un grand nombre prédit la mort du vinyle, suivie de près par celle du CD.

En 2014, le chiffre d’affaire du streaming dépasse celui des ventes de CD. C’est le moment que choisit le vinyle pour réapparaître dans le paysage. Son but ? Permettre aux mélomanes de (re)nouer un lien plus « physique » et personnel à la musique. Il ne s’agit plus seulement d’écouter, mais aussi de sentir, de toucher… De s’approprier la musique à travers un objet esthétique en somme. La tendance est au « slow listening », qui consiste à écouter des disques dans leur intégralité, sans zapper d’un morceau à l’autre. Depuis, le vinyle n’a de cesse de gagner en popularité.

Un objet qui n’a pas donné sa dernière note

Daft Punk bat tous les records avec « Random Access Memories », et les rééditions de classiques (de Led Zeppelin à Nirvana) sont des succès. Toutes les générations se retrouvent autour de la platine. Les anciens font découvrir leurs classiques aux plus jeunes, qui apprennent une autre manière d’écouter de la musique. Dans un monde de plus en plus virtuel, le vinyle permet de se poser, prendre le temps de véritablement écouter, d’apprécier.

Le retour en trombe du disque vinyle est aussi dû à la nostalgie d’acheter un bel objet auquel nous prenons soin. Le vinyle génère une gestuelle relative au matériel d’écoute : platines, ampli, baffles, etc… Bien plus que de brancher un casque ou des écouteurs.

Ecouter un vinyle, c’est enlever délicatement le plastique de protection, ouvrir la pochette en admirant l’image et le texte. C’est déposer avec le plus grand soin le vinyle sur la platine, poser le diamant avec précision et partir pour un voyage sensoriel. Au-delà de ça, le vinyle devient un objet de décoration, parce qu’il est vintage et rétro. Rien de plus en vogue qu’à notre époque que les objets d’hier.

A l’heure de la digitalisation massive, le vinyle nous offre ce que nous cherchons quand nous écoutons de la musique : une pause dans le temps et un retour en arrière.

Auteur de l’article : SoundMusic

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