On est dimanche après-midi, il est 14h30. Je devrais travailler mon mémoire, mais je cherche désespérément une autre activité. C’est alors que je me rends compte que cela fait bien longtemps que je ne suis pas allée au cinéma. En cherchant ce que je pouvais bien allée voir, je suis tombée sur le film Madre de Rodrigo Sorogoyen.

Un début extrêmement poignant

Je ne savais pas grand chose de ce film. J’avais rapidement lu comme quoi une mère perd son fils de 6 ans à la plage et que l’intrigue se déroule 10 ans plus tard. La salle plonge dans le noir.

Et là, c’est une claque. Je ne m’attendais absolument pas à un tel déferlement d’émotion dans les dix premières minutes du film. Un plan séquence poignant, puant la détresse et respirant la panique. J’en avais les larmes aux yeux. Ouais il faut vraiment que j’arrête d’aller seule au cinéma, on a déjà vu ce que ça avait donné pour Moi, Daniel Blake.

Dans ce plan séquence, l’actrice Marta Nieto offre une prestation impressionnante, même si j’ai cru comprendre après avoir vu le film que cette séquence fait partie du cours-métrage Madre sorti en 2017. Quoi qu’il en soit, le spectateur tient ici une sacrée entrée en matière. Pas une seconde de répit, uniquement un déferlement d’émotions. En tout cas, j’ai énormément aimé ce début de film, j’avais vraiment hâte de voir la suite.

Après la séquence de début, Madre change de ton

Après cette séquence, je m’attendais à suivre un film au rythme soutenu. Mais finalement c’est réellement tout le contraire qui s’est produit. Le rythme est lent. Pas forcément long, mais lent. En fait, Madre est un film qui prend son temps. On suit Elena (le personnage principal) dans la vie qu’elle tente de mener depuis la disparition de son fils. Elle est là sans vraiment être là. D’un coup, les mouvements de caméra sont lents, calmes, comme pour suivre Elena qui laisse sa vie couler sans vraiment en être la maîtresse.

Un événement fait tout de même basculer la vie d’Elena : sa rencontre avec un jeune homme de l’âge de son fils disparu. Dès lors, nous suivons Elena qui transpose son fils disparu sur Jean. Ainsi, pendant 1h30, le spectateur suit l’évolution de la relation entre ces deux personnages. Il y a quelques remous par ci par là, mais ils ne donnent pas le rythme qu’on aurait pu attendre après la 1ère séquence.

Ici Sorogoyen offre plutôt un moment de poésie entre deux personnages que normalement rien ne lie. La musique, les mouvements de caméra, le jeu des personnages, rien n’est rapide. Tout n’est que calme, comme dans une parenthèse poétique. C’est vraiment comme ceci que je vois ce film : l’expression d’une parenthèse survenue dans la vie de Jean et Elena. Mais une très belle parenthèse qui m’aura transportée durant les 2h09 de ce film.


En tout cas, si j’ai l’occasion, je regarderais Madre à nouveau. Le jeu de Marta Nieto m’a vraiment subjuguée tellement elle transmet les émotions. Et pour moi quand il y a autant d’émotion je ne peux qu’avoir envie de revoir le film. Avis aux personnes qui cherchent un film d’action, ce n’est pas ici que vous le trouverez !